[Concert] Québec sous le signe du death metal : immersion au Carnival of Death Tour
- Thierry Mercier

- 27 oct. 2025
- 5 min de lecture

Jeudi soir, direction la Salle Montaigne au Cégep Limoilou, un de mes spots préférés pour les shows à Québec. Le Carnival of Death Tour faisait escale à Charlesbourg, et avec le line-up de
lourdes légendes du death metal, impossible de rester à la maison. Dès que je suis entré dans la salle, j’ai senti que la soirée allait être brutale dans le bon sens du terme : les amplis vibraient déjà, la foule se massait près de la scène, et l’odeur familière du métal planait dans l’air. Les t-shirts de groupes mythiques, les discussions sur les albums cultes et les sourires fébriles disaient tout : Québec était prêt pour une descente aux enfers musicale.
C’est Skeletal Remains qui a ouvert le bal, et dès les premières secondes, le ton était donné. Leur son, à mi-chemin entre la brutalité old school de Death et la précision chirurgicale d’Obituary, a instantanément réveillé la foule. Les riffs tranchants et les growls massifs de Chris Monroy remplissaient chaque coin de la salle, transformant la Montaigne en véritable fournaise sonore. Malgré le fait qu’ils jouaient en ouverture, le groupe s’est comporté comme une tête d’affiche : présence solide, exécution sans faille, et une énergie qui ne laissait aucun temps mort. Le public, déjà bien compact à l’avant, répondait avec des headbangs synchronisés et quelques débuts de moshpits timides,question de s’échauffer avant la suite. Le son, dès les premières notes, était étonnamment clair pour une salle de cette taille. Chaque instrument trouvait sa place : les guitares coupaient net, la basse grondait juste assez pour faire vibrer le plancher, et la batterie frappait avec une puissance chirurgicale. La balance était impeccable, suffisamment brute pour garder cette agressivité propre au death metal, mais assez précise pour apprécier la maîtrise technique du groupe. Pour moi, ce fut une superbe découverte : Skeletal Remains tombe en plein dans mes cordes. Leur son à la fois old school et tranchant m’a complètement accroché. Un départ solide qui plaçait la barre haute pour le reste de la soirée.
Quand Malevolent Creation est monté sur scène, j’ai eu un petit frisson,c’est un groupe que j’écoute depuis mon secondaire, mais que je n’avais encore jamais eu la chance de voir en show. Autant dire que mes attentes étaient hautes. Malgré l’absence du guitariste Philip Fasciana, cloué à la maison pour des raisons de santé, le groupe n’a pas perdu une once de sa brutalité légendaire. Dès les premières secondes, la foule a réagi comme un seul bloc : ça brassait, ça criait, et l’énergie était contagieuse. Le groupe a livré une performance sans compromis, ench
aînant les classiques avec une intensité qui ne laissait aucun répit. Le chanteur, visiblement en grande forme, menait la charge avec une présence féroce, soutenu par une section rythmique d’une efficacité redoutable. Même sans Fasciana, Malevolent Creation a prouvé qu’il restait une machine de guerre sur scène. L’alchimie entre les membres était palpable, et chaque morceau résonnait comme une claque bien méritée. Pour moi, c’était un vrai moment fort de la soirée, à la fois nostalgique et puissant.
Place ensuite aux légendaires Vader, formation polonaise culte du death metal que je connaissais sans être un véritable fan, à part quelques succès que j’avais entendus ici et là. Leur entrée en s
cène, vers 20 h 50, a tout de suite annoncé la couleur : un fond sonore de pluie et de tonnerre, accompagné d’un éclairage stroboscopique qui donnait vraiment l’impression qu’une tempête s’apprêtait à frapper la Salle Montaigne. Et honnêtement, c’est exactement ce qui est arrivé. Dès les premières mesures, la foule s’est déchaînée. Stage dives,crowd surfing,cris et headbangs frénétiques. L’énergie dans la salle était électrique. Même sans connaître tout leur répertoire, impossible de ne pas se laisser emporter par leur intensité et leur précision. Les gars de Vader ont peut-être pris un peu d’âge, mais leur énergie sur scène reste incroyable : une véritable leçon de constance et de passion. Ils ont même tenté quelques interactions avec le public en français, ce qui a provoqué des sourires et des cris enthousiastes. Le groupe a livré une performance d’une puissance impressionnante, maîtrisant chaque transition avec une aisance presque militaire. Et comme si ce n’était pas déjà assez, Vader nous a offert un solide cover de Raining Blood de Slayer qui a complètement soulevé la foule. Les fans hurlaient les paroles, les poings levés, pendant que la scène se transformait en chaos organisé. Un moment brutalement mémorable, la preuve que même après toutes ces années, Vader n’a rien perdu de sa férocité ni de son envie de tout démolir sur scène.
La soirée se concluait avec Kataklysm, le fier représentant québécois du death metal, qui semblait particulièrement heureux de jouer à domicile. Dès que les premiers riffs ont retenti, il était clair que le groupe n’était pas là pour faire dans la demi-mesure : une puissance sonore immédiate, un mur de guitare et de batterie, et une intensité qui a instantanément électrisé la foule. La Salle Montaigne est devenue un véritable champ de bataille musical, où chaque note frappait avec précision et chaque transition sonnait comme une décharge d’adrénaline. Le chanteur n’a pas tardé à inviter la foule à bouger, et les fans ont immédiatement répondu avec des circle pits gigantesques et des moshpits frénétiques. L’énergie dans la salle était contagieuse : chaque riff déclenchait un véritable tourbillon de corps et de bras qui se croisaient dans un chaos organisé. Avec un petit sourire, il a même plaisanté sur le fait qu’il devait y avoir quelque chose de spécial dans l’eau à Québec, car ici, nous avons une intensité qui ne se voit nulle part ailleurs , un clin d’œil qui a déclenché encore plus d’enthousiasme. Au fil du set, Kataklysm a alterné entre morceaux récents et classiques, permettant à chaque fan de vivre un moment fort. Certains riffs étaient si puissants qu’ils semblaient faire vibrer les murs de la salle, et chaque transition, malgré la complexité technique, se faisait avec une fluidité impressionnante. L’alchimie entre les musiciens était palpable : chacun donnait tout, et le public répondait instantanément, créant un feedback d’énergie pure qui a rendu l’expérience mémorable. En quittant la scène, Kataklysm a laissé le public épuisé mais euphorique, le cœur battant au rythme des derniers riffs, les bras levés et les sourires encore larges. Une performance qui prouve une fois de plus que le death metal québécois a de quoi rivaliser avec les plus grands, et que ces vétérans savent toujours mettre le
feu à une salle, peu importe leur ancienneté.
Le Carnival of Death Tour à la Salle Montaigne a été une soirée intense et mémorable. Entre la découverte fracassante de Skeletal Remains, la puissance légendaire de Malevolent Creation, la tempête orchestrée par Vader, et la clôture explosive de Kataklysm, chaque moment a offert son lot d’adrénaline et de frissons. Pour un amateur de death metal comme moi, c’était une vraie célébration du genre, avec une énergie de la scène et du public qui restera longtemps gravée en mémoire. Québec a prouvé une fois de plus qu’ici, quand il s’agit de métal, on ne fait pas les choses à moitié.
Chronique: Thierry Mercier
Photographe: Charles- Alexandre Tourchot





































































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