[Concert] Talion, Zero State et Spitpool : la scène locale s’impose à La Source de la Martinière
- Thierry Mercier

- il y a 7 minutes
- 4 min de lecture
Jeudi le 26 Février, je me suis rendu à La Source de la Martinière (encore) pour une soirée métal où la
scène locale était à l’honneur. À l’affiche : Talion, formation deathcore de Québec, Zero State et
leur death metal montréalais, ainsi que Spitpool, autre représentant de Québec. La soirée
s’annonçait spéciale, puisqu’un tournage de vidéoclip pour Spitpool était prévu, ajoutant une
énergie supplémentaire et une légère tension fébrile dans la salle. Je ne connaissais que Zero
State auparavant, les deux groupes de Québec étant de nouvelles découvertes pour moi.
Autant dire que j’avais particulièrement hâte de voir ce que la scène locale avait à offrir.
Pour ouvrir les hostilités, Talion débarque sur scène pour leur tout premier concert en carrière.
Pas juste un autre show dans un sous-sol humide, non. Leur premier vrai test. Dès les
premières notes, j’ai senti que ça n’allait pas être une performance timide. Leur deathcore
frappe fort et rapidement, la foule embarque presque instantanément. Honnêtement, si je
n’avais pas su que c’était leur premier spectacle, je ne l’aurais pas deviné. Ils avaient l’air
solides, concentrés, bien ancrés dans leur son. Les breakdowns étaient excessivement
efficaces. Pas juste “corrects”. Efficaces au point où le pit se déclenche naturellement. Les
amateurs de two-steps ont eu exactement ce qu’ils voulaient, et ça paraissait dans l’énergie qui
circulait dans la salle. Ce qui m’a surpris, c’est la petite dose de technicité glissée dans
certaines pièces. Ça sort un peu du moule deathcore plus prévisible et ça donne une identité
intéressante au groupe. Ils n’ont toujours pas d’album officiel, mais avec ce qu’on a entendu ce
soir-là, c’est franchement prometteur. Après environ 25 minutes intenses, Talion quitte la scène
en ayant clairement réussi son pari : réveiller la salle et prouver qu’ils ont leur place sur ce
genre d’affiche.
Par la suite, c’est Zero State qui débarque sur scène, et pour moi, c’était clairement le moment
que j’attendais le plus. Les ayant vus en janvier dernier au CEM de Chicoutimi, j’avais déjà
placé la barre haute. Heureusement, ils l’ont franchie sans difficulté. C’était leur deuxième
spectacle depuis le départ d’un de leurs guitaristes, et aussi l’un des derniers avec leur batteur
actuel, Evan. On sentait que le moment était chargé d’une intensité particulière, comme si
chaque pièce avait un poids supplémentaire. D’ailleurs, on ne peut que lui souhaiter beaucoup
de succès dans ses projets futurs. La présence du chanteur est impeccable. Son vocal est
excellent et il maîtrise parfaitement son growl, avec puissance et précision. Il est sans aucun
doute un ajout important à la formation. Toujours soutenu par un batteur qui drive le rythme
sans jamais relâcher la pression, le groupe maintient une tension constante du début à la fin.
Les riffs de Jeffrey Millaire m’ont accroché dès les premières mesures. Impossible de rester
immobile. Et cette basse au son sale, presque Motörheadesque, apporte une lourdeur sombreque j’adore entendre en live. Ils livrent un death metal old school assumé, mais avec assez de
modernité pour que ça sonne actuel et pertinent. Ils ont joué plusieurs pièces de leur plus
récent album Shadow Realm, en plus de nous offrir une nouvelle chanson inédite,Saliva, que le
chanteur a présentée comme sa préférée. Et honnêtement, après l’avoir entendue, je
comprends pourquoi. Le set s’est conclu sur une pièce de leur premier album, Divine Carnage,
une finale solide qui a parfaitement scellé leur performance. La foule était très réceptive,
attentive, clairement investie, même si ça bougeait un peu moins que durant le set plus
deathcore de Talion. Mais de mon côté, j’étais complètement embarqué. Revoir Zero State sur
scène était exactement ce que j’espérais, et sans surprise, mon moment préféré de la soirée.
Pour clore la soirée, Spitpool monte sur scène. Premier spectacle à Québec, leur ville.
Honnêtement, je me demandais s’il y allait avoir une nervosité palpable. S’il y allait avoir ce petit
flottement du “premier show à la maison”. Il n’y en a pas eu. Dès les premières secondes, c’est
frontal. Pas de discours inutile. Juste une volonté claire de frapper fort. Et ça frappe.
Rapidement, la foule s’active. Pas un mouvement timide, pas une montée graduelle. Non. Les
grooves sont lourds, viscéraux, pensés pour faire bouger même les plus statiques au fond de la
salle. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que ce n’est pas de la brutalité gratuite. Les
breakdowns ont du poids, mais aussi du rythme. Il y a une intelligence derrière la violence. Ça
groove, ça respire, ça cogne au bon moment. La dualité des deux vocalistes est, pour moi, un
des grands atouts du groupe. Les voix se complètent réellement. Ce n’est pas juste deux gars
qui crient en alternance pour le principe. Il y a un contraste, une tension, une dynamique qui
donne du relief aux morceaux. Ça garde l’attention. Ça évite la monotonie, ce qui est loin d’être
garanti dans ce registre. La soirée avait aussi une dimension particulière avec le tournage d’un
vidéoclip pour une nouvelle chanson. On sentait que le groupe voulait capturer quelque chose
de réel. À un moment, le guitariste descend jouer directement dans la foule. Un circle pit se
forme autour de lui. Cette image-là résume bien l’ambiance : plus de distance, plus de
barrières. Juste de l’énergie brute partagée entre la scène et le plancher. L’apparition surprise
de John Mayer de Necroticgorebeast pour interpréter Québectomy a été un vrai moment fort. La
réaction a été instantanée. On sentait la surprise, l’excitation. C’était sincère, intense, et ça a
clairement marqué la performance. Le set s’est terminé sur une reprise de Disengage de
Suicide Silence. Choix logique, efficace, impossible de faire retomber la pression avec ça. Et
quand on pensait que c’était terminé, un rappel est venu remettre une dernière couche. La salle
était encore bien vivante, et honnêtement, moi aussi.
Pour un premier spectacle dans leur
propre ville, j’ai trouvé ça solide, assumé et sans détour. Pas parfait au sens clinique du terme.
Mais vivant. Et dans ce genre de musique, c’est exactement ce qu’on veut.

Crédit Photo: Willo Olsen & Charles-Alexandre Tourchot.















































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