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[Concert] Talion, Zero State et Spitpool : la scène locale s’impose à La Source de la Martinière

Jeudi le 26 Février, je me suis rendu à La Source de la Martinière (encore) pour une soirée métal où la

scène locale était à l’honneur. À l’affiche : Talion, formation deathcore de Québec, Zero State et

leur death metal montréalais, ainsi que Spitpool, autre représentant de Québec. La soirée

s’annonçait spéciale, puisqu’un tournage de vidéoclip pour Spitpool était prévu, ajoutant une

énergie supplémentaire et une légère tension fébrile dans la salle. Je ne connaissais que Zero

State auparavant, les deux groupes de Québec étant de nouvelles découvertes pour moi.

Autant dire que j’avais particulièrement hâte de voir ce que la scène locale avait à offrir.

Pour ouvrir les hostilités, Talion débarque sur scène pour leur tout premier concert en carrière.

Pas juste un autre show dans un sous-sol humide, non. Leur premier vrai test. Dès les

premières notes, j’ai senti que ça n’allait pas être une performance timide. Leur deathcore

frappe fort et rapidement, la foule embarque presque instantanément. Honnêtement, si je

n’avais pas su que c’était leur premier spectacle, je ne l’aurais pas deviné. Ils avaient l’air

solides, concentrés, bien ancrés dans leur son. Les breakdowns étaient excessivement

efficaces. Pas juste “corrects”. Efficaces au point où le pit se déclenche naturellement. Les

amateurs de two-steps ont eu exactement ce qu’ils voulaient, et ça paraissait dans l’énergie qui

circulait dans la salle. Ce qui m’a surpris, c’est la petite dose de technicité glissée dans

certaines pièces. Ça sort un peu du moule deathcore plus prévisible et ça donne une identité

intéressante au groupe. Ils n’ont toujours pas d’album officiel, mais avec ce qu’on a entendu ce

soir-là, c’est franchement prometteur. Après environ 25 minutes intenses, Talion quitte la scène

en ayant clairement réussi son pari : réveiller la salle et prouver qu’ils ont leur place sur ce

genre d’affiche.




Par la suite, c’est Zero State qui débarque sur scène, et pour moi, c’était clairement le moment

que j’attendais le plus. Les ayant vus en janvier dernier au CEM de Chicoutimi, j’avais déjà

placé la barre haute. Heureusement, ils l’ont franchie sans difficulté. C’était leur deuxième

spectacle depuis le départ d’un de leurs guitaristes, et aussi l’un des derniers avec leur batteur

actuel, Evan. On sentait que le moment était chargé d’une intensité particulière, comme si

chaque pièce avait un poids supplémentaire. D’ailleurs, on ne peut que lui souhaiter beaucoup

de succès dans ses projets futurs. La présence du chanteur est impeccable. Son vocal est

excellent et il maîtrise parfaitement son growl, avec puissance et précision. Il est sans aucun

doute un ajout important à la formation. Toujours soutenu par un batteur qui drive le rythme

sans jamais relâcher la pression, le groupe maintient une tension constante du début à la fin.

Les riffs de Jeffrey Millaire m’ont accroché dès les premières mesures. Impossible de rester

immobile. Et cette basse au son sale, presque Motörheadesque, apporte une lourdeur sombreque j’adore entendre en live. Ils livrent un death metal old school assumé, mais avec assez de

modernité pour que ça sonne actuel et pertinent. Ils ont joué plusieurs pièces de leur plus

récent album Shadow Realm, en plus de nous offrir une nouvelle chanson inédite,Saliva, que le

chanteur a présentée comme sa préférée. Et honnêtement, après l’avoir entendue, je

comprends pourquoi. Le set s’est conclu sur une pièce de leur premier album, Divine Carnage,

une finale solide qui a parfaitement scellé leur performance. La foule était très réceptive,

attentive, clairement investie, même si ça bougeait un peu moins que durant le set plus

deathcore de Talion. Mais de mon côté, j’étais complètement embarqué. Revoir Zero State sur

scène était exactement ce que j’espérais, et sans surprise, mon moment préféré de la soirée.



Pour clore la soirée, Spitpool monte sur scène. Premier spectacle à Québec, leur ville.

Honnêtement, je me demandais s’il y allait avoir une nervosité palpable. S’il y allait avoir ce petit

flottement du “premier show à la maison”. Il n’y en a pas eu. Dès les premières secondes, c’est

frontal. Pas de discours inutile. Juste une volonté claire de frapper fort. Et ça frappe.

Rapidement, la foule s’active. Pas un mouvement timide, pas une montée graduelle. Non. Les

grooves sont lourds, viscéraux, pensés pour faire bouger même les plus statiques au fond de la

salle. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que ce n’est pas de la brutalité gratuite. Les

breakdowns ont du poids, mais aussi du rythme. Il y a une intelligence derrière la violence. Ça

groove, ça respire, ça cogne au bon moment. La dualité des deux vocalistes est, pour moi, un

des grands atouts du groupe. Les voix se complètent réellement. Ce n’est pas juste deux gars

qui crient en alternance pour le principe. Il y a un contraste, une tension, une dynamique qui

donne du relief aux morceaux. Ça garde l’attention. Ça évite la monotonie, ce qui est loin d’être

garanti dans ce registre. La soirée avait aussi une dimension particulière avec le tournage d’un

vidéoclip pour une nouvelle chanson. On sentait que le groupe voulait capturer quelque chose

de réel. À un moment, le guitariste descend jouer directement dans la foule. Un circle pit se

forme autour de lui. Cette image-là résume bien l’ambiance : plus de distance, plus de

barrières. Juste de l’énergie brute partagée entre la scène et le plancher. L’apparition surprise

de John Mayer de Necroticgorebeast pour interpréter Québectomy a été un vrai moment fort. La

réaction a été instantanée. On sentait la surprise, l’excitation. C’était sincère, intense, et ça a

clairement marqué la performance. Le set s’est terminé sur une reprise de Disengage de

Suicide Silence. Choix logique, efficace, impossible de faire retomber la pression avec ça. Et

quand on pensait que c’était terminé, un rappel est venu remettre une dernière couche. La salle

était encore bien vivante, et honnêtement, moi aussi.



Pour un premier spectacle dans leur

propre ville, j’ai trouvé ça solide, assumé et sans détour. Pas parfait au sens clinique du terme.

Mais vivant. Et dans ce genre de musique, c’est exactement ce qu’on veut.



Crédit Photo: Willo Olsen & Charles-Alexandre Tourchot.

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