[entrevue] - Hugo Mudie - The Sainte Catherines
- sash gonthier

- 13 janv.
- 14 min de lecture
Depuis plusieurs années, Hugo Mudie fait partie de ces voix qui comptent dans la scène punk québécoise. Pas seulement par les projets auxquels il a pris part — notamment avec The Sainte Catherines — mais par la manière franche et réfléchie avec
laquelle il aborde la création, la scène et le parcours d’un artiste à long terme.
Cette entrevue s’inscrit dans une volonté simple : prendre le temps.
Le temps de revenir sur le chemin parcouru, sur ce que la musique a apporté, mais aussi sur ce qu’elle exige. Sans nostalgie
forcée, sans posture, simplement avec lucidité et honnêteté.
Au fil des questions, Hugo Mudie partage une vision ancrée dans l’expérience — celle d’un artiste qui a vécu la scène de
l’intérieur, qui l’a vue évoluer, et qui continue d’y trouver du sens, autrement.

1. Quand tu repenses aux premières années de The Sainte Catherines, qu’est-ce qui ressort le plus ?
-Je pense que ce qui ressort c’est le feeling d’innocence et de liberté de l’époque. C’était avant internet, avant les réseau
sociaux et avant d’avoir vécu tout ce que je rêvais de vivre, donc tout était à faire, tout était possible et je rêvais beaucoup.
J’écoutais beaucoup de musique et je voulais faire partie de ce monde là. Je voulais chanter la tristesse et la colère que j’avais
en moi et je voulais être vu, entendu.
Je rêvais de toucher des gens comme moi j’étais touché par la musique de mes groupes préférés. J’ai vécu une adolescence
très difficile avec le divorce compliqué de mes parents et j’avais besoin d’être aimé, compris. J’avais besoin de me faire une
place, de trouver un endroit sécuritaire pour exister et c’est la scène punk qui est devenu cet endroit. Je m’ennui beaucoup de
ce feeling que je n’ai jamais retrouvé par la suite.
2. Votre signature avec Fat Wreck Chords — comment tu l’as vécu ?
C’était vraiment comme gagner à la loterie ou être repêché par les Canadiens de Montréal. Ça faisait 7 ans qu’on poussait très
fort, dans des conditions assez mauvaises la plupart du temps. On y croyait, mais on était pas mal les seuls. On a eu très peu
de mentors, ou d’aide. Notre entourage, nos amis, nos blondes, nos familles semblaient nous trouver fous, ou du moins, innocents, de penser qu’on pouvait vivre de notre musique. Qu’on pouvait atteindre le niveau de nos idoles, des bands que nous et nos amis écoutions. Vers 2003, avec Art Of Arrogance, on a commencé à avoir une certaine reconnaissance. On cognait à la porte disons, et quand on a finalement eu l’appel de Fat Mike, c’était la consécration, nos vies allaient changer...pour toujours. La porte s’est grande ouverte devant nous.
3. Votre plus grande force et faiblesse à l’époque ?
Notre plus grande force c’était l’unicité. Il n’y avait pas de groupes comme The Sainte Catherines ici assurément, mais même
ailleurs dans le monde. Même si on était inspiré par pleins de groupes actifs ( Small Brown Bike, Leatherface Hot Water Music, Neurosis, Tragedy, At The Drive In, Avail, Lawrence Arms entre autres ), le fait d’être Québécois, d’être Montréalais, de parler le français et l’anglais nous rendait vraiment unique. On célébrait cette différence. On a jamais voulu copier qui que ce soit ou faire partie d’une sous-scène précise, on voulait écrire des bonnes chansons et c’est ce qui était notre force, mettre les efforts pour écrire des chansons qui allaient toucher du monde, avec l’esprit toujours très ouverts dans notre façon de créer.
Pour ce qui est de nos faiblesses..en tant que groupe, je pense qu’on était rendu fatigué. On avait trop buché avant la signature. On était rendu tanné de la scène, de la business, alors que tout commençait pour nous. Dans un monde idéal cette signature serait arrivé en 2003 disons...tout de suite après Art Of Arrogance. En 2005, on en avait déjà plein le cul et il fallait recommencer à 0 un peu. On avait plus assez de forces collectivement pour pousser autant qu’on aurait dû pour vraiment percer la scène punk mondiale. On refusait des tournées qui payaient pas assez, on envoyait chier des promoteurs « importants » parce qu’ils nous traitaient comme de la marde. On était pas des licheux de culs, pour le meilleur et pour le pire.
Pour ma part, j’avais encore beaucoup trop de haine dans mon coeur pour être un bon frontman. J’ai appris plus tard à aimer les gens qui viennent me voir. À cette époque je voulais controller qui venait nous voir et comment ils agissaient. J’avais encore beaucoup de travail à faire spirituellement.
4. Yesterday’s Ring était un exutoire ? Thérapie ou nécessité ?
C’est dure à dire. Tout se faisait tellement naturellement. Je pense qu’on aimait juste jouer de la guitare acoustique et gueuler.
Encore une fois, au Québec, ça existait pas vraiment des punks qui font des tounes folk, donc je pense qu’on était excités de faire quelque chose de nouveau. Avec les années et surtout à partir de El Rancho, c’est devenu plus sérieux et c’est à ce moment que Yesterday’s Ring est devenu la trame sonore de la vie de tournée des Sainte Catherines. On composait beaucoup sur la route et quoi de plus inspirants que de vivre cette vie de truck stop, de whiskey, de relations difficiles pour écrire des chansons country. C’était vraiment une balance parfaite d’avoir les deux groupes, mais en même temps, ça rendait nos vies encore plus chaotique et compliqués. Des fois on sortait des albums des deux groupes un après l’autre, sans jamais arrêter en faisant des 100aines de shows avec chacun des groupes. Pas pour rien que rendu à 25 ans, l’âge que j’avais quand Dancing for Decadence est sortie, j’étais déjà un peu désabusé de tout ça.
5. Comment compares-tu Miracles, The Sainte Catherines et Yesterday’s Ring ?
Miracles c’était vraiment moi et Fred qui voulions pas vraiment arrêter. Quand on a décidé d’arrêter les deux bands, parce qu’on devenait vieux, moi et Fred avons vécu un genre de mid-life crisis je crois et on a voulu revivre les débuts d’un projet avec tout les bons, mais aussi les mauvais côtés. Ça été très rapidement plus important qu’on le pensait, et on était rendu toujours sur la route à reprendre nos mauvaises habitudes. Je pense qu’on a fait des chansons merveilleuses avec Miracles et c’était très inspirant comme époque, mais à ce moment on avait des enfants, des familles et je pense qu’avec du recul, ce n’était pas sain de faire un autre groupe du genre et d’y aller aussi à fond là dedans. Mais il y avait un feeling d’urgence, comme si on savait qu’on s’accrochait une dernière fois à notre jeunesse.
6. T’es-tu déjà senti coincé dans l’étiquette punk ?
Constamment et encore aujourd’hui. Quand je vais à la radio pour faire une critique d’un livre on me présente comme le chanteur punk ou le punk retraité ou le vieux punk ou la légende du punk.
Ça me va, j’adore le punk et je me prend plus du tout au sérieux de façon générale, la vie m’amuse et les étiquettes aussi, mais disons que des fois j’aimerais être vu comme un artiste tout court, parce que les gens ne jugent pas le punk de la même façon que les autres formes d’art. On regarde souvent le punk de haut. Comme si le fait d’avoir de la distortion, de jouer rapidement et d’être frustré enlevait de la crédibilité au songwriting, aux paroles.
Je trouve au contraire que certains des meilleurs créateurs de l’histoire proviennent du punk...mais ça reste un style de musique.
Oui je suis un chanteur punk, mais je peux être un chanteur country, reggae, pop et probablement jazz si ça me tentait. J’ai juste été plus charmé par le punk que les autres styles de musique, mais je ne trouve pas qu’appliqué mon rôle de chanteur
punk aux autres affaires que je fais ( écriture, peinture, etc ) est avantageux pour moi. C’est parfois même réducteur je crois.
Mais dans la big picture de la vie...je m’en sacre haha?
7. Quand la peinture est-elle devenue aussi importante que la musique ?
Elle l’a toujours été, mais la vie m’a amené vers la musique et j’ai embarqué dans la ride. J’ai étudié en arts visuels jusqu’à l’université. Je pensais peut être être prof d’art, ou juste artiste visuel, mais à 18 ans j’ai eu un band pas pire et je suis partie en tournée pendant plusieurs années. Le visuel restait important dans ma carrière de musique. J’ai toujours fait des flyers de shows, des artworks, des zines, des stickers, des t-shirts et même des oeuvres de temps en temps. Je pensais y revenir à la retraite, et c’est un peu ce qui est arrivé. Avec la pandémie en 2020, j’ai commencé à avoir plus de temps et j’ai fait mon site web ( https://www.hugomudie.com ) et rapidement je me suis mis à vendre beaucoup d’oeuvres, me faire demander de faire des oeuvres personnalisés et tout. Je me suis rendu compte que ça me rendait plus heureux, plus high que la musique, alors j’ai décidé de terminé ce que j’avais entamé avec MUDIE ( ma carrière solo débuté en 2017 ) et de me consacrer plus à l’art visuel par la suite. Mais je n’ai jamais de plan très précis. Je suis juste très chanceux d’avoir plusieurs intérêts et des gens qui aiment ce que j’essaie de faire dans ces différents médiums.
8. Qu’est-ce qui t’inspire visuellement ?
La culture populaire, le sport, la pub, les vieilles affiches, la photographie, les cartes de sports, les graffitis, les stickers, les
flyers de shows, les fleurs, le ciel, la bouffe, les stades de baseball, les ballons, etc.
9. L’art visuel t’offre-t-il une liberté différente ?
Oui. Premièrement je suis moins connu dans ce milieu, plus anonyme et j’aime ça. Deuxièmement, je ne suis pas pris dans un style, comme justement avec le punk en musique. Je peux faire pas mal ce que je veux et j’ai vraiment pas l’impression d’être arrivé au bout de mes capacités. En musique, je sais que j’ai atteint le top de ce que je pouvais faire avec mon talent. Je ne
suis pas meilleur que ce que j’ai déjà fait, et je ne le serai jamais.
Tandis qu’en art visuel, je m’améliore constamment et j’apprend constamment. Il y a à peine 3 ans, je ne savais pas comment faire des designs sur ordinateurs et maintenant j’en fait pratiquement à tout les jours. J’aime apprendre et j’aime me laisser aller, sans trop y penser. Je travail beaucoup avec le hasard en art visuel ( et dans le reste de ma vie aussi ) ce qui est plus
difficile en musique, avec les contraintes techniques et théoriques. Je me sens rarement aussi bien que quand j’entre dans « la zone » en peignant un tableau.
10. Qu’est-ce qui te pousse à lancer autant de projets ?
Ça se fait tout seul. Maintenant je réalise que j’en fait beaucoup, mais c’est assez récent. Avant, j’avançais sans trop regarder en arrière. Il a fallu que quelqu’un me le fasse remarquer et me compare à d’autres pour que je réalise que je faisais beaucoup ( trop ) d’affaires en même temps.
Je pense que c’est juste un type de cerveau. J’ai des idées, j’ai envie de les faire et je les fait. C’est aussi simple que ça. Je suis chanceux d’avoir facilement des idées et de travailler rapidement. Je suis aussi chanceux d’avoir un talent ( quoi que limité dans la plupart des domaines ) assez développé pour aller au bout de mes idées. Je n’ai pas peur de me tromper, je n’ai pas peur de l’échec, je n’ai pas peur qu’on ri de moi, qu’on ne me comprenne pas. Je suis conscient qu’un jour tout arrêtera et qu’au moins j’aurai fait de mon mieux. Ce qui est fou, c’est que selon moi, en ce moment, je suis peut être à 60% de mes véritables capacités. J’ai des ennuis de santé qui me ralentissent, donc je ne suis pas satisfait de ma production depuis quelques années. Le Pouzza me prend énormément de temps et me fait passer du temps sur des trucs de gestions, d’organisations qui m’empêchent de créer des affaires et souvent ça me met en criss...mais j’avance avec ce nouveau rythme.
11. Comment sais-tu qu’un jeune groupe “l’a” ?
Je suis pas certains d’avoir ce don. Je pense que je suis capable de dire qu’un groupe X l’a pour mes goûts à moi, pour ce que Je recherche chez un groupe, mais je pense pas avoir le talent pour prédire le succès d’un groupe. Par contre, je dirais que l’affaire la plus importante chez un groupe, ce qui m’intéresse le plus, sont justement les choses que j’ai nommé plus haut. Ne pas avoir peur entre autre. Il faut être ALL IN dans son art et pas essayer de plaire à tes amis, ta scène ou ta famille. Il faut être dédié à son art. Dédié à 100% et se poser la question : Pourquoi je fais ça ? Si la réponse c’est autre chose que « PARCE QUE JE SENS QUE JE DOIS LE FAIRE » ça risque de moins m’intéresser.
12. La scène québécoise est-elle en santé selon toi ?
Si on parle de la scène punk, oui. Je trouve qu’il y a vraiment du bon stock. Il y a pleins de jeunes qui font de la bonne musique, y’a des festivals, y’a des organisateurs, etc.
Ce qui est poche un peu c’est la trop grande place de la nostalgie dans la scène punk. Mais je pense que c’est transitoire. Je trouve que très souvent ça manque d’originalité. Ça manque de guts. C’est souvent les mêmes bands, le même son, les
mêmes concepts, les mêmes visuels. Y’a beaucoup de réchauffé et je pense que c’est un peu dû à l’âge de la majorité des
gens qui composent cette scène punk. Ça prend des jeunes pour amener un nouveau souffle. Ils commencent à pousser, mais
il reste beaucoup de vieux dans des positions importantes.
J’aimerais que les jeunes de l’âge de mes enfants puissent vivre ce que nous avons vécu quand on était kids. L’espèce de
communauté très forte qu’était la scène punk à l’époque. On se sentait parmi les nôtres. C’était véritablement un safe space
avant que le terme existe vraiment.
13. Le Pouzza Fest — festival, famille ou mission ?
Pour moi c’est tout ça, mais un peu plus une mission. Si je suis totalement franc, je ne m’amuse pas vraiment au festival lui même et très peu pendant l’organisation au courant de l’année. J’aime bien quelques aspects de la job, surtout ce qui à rapport aux visuels, à la direction artistique, mais mon fun est vraiment rendu ailleurs. J’aime voir les autres s’amuser au Pouzza.
J’aime savoir qu’ils attendent le weekend du festival durant toute l’année. J’aime voir la camaraderie entre les gens, entre les
bands.
Je suis personnellement assez awkward socialement, surtout depuis que je ne consomme plus, donc le festival lui même est difficile pour mon genre de personnalité..mais ça fait tellement du bien de voir des gens s’amuser et être en extase devant les groupes que nous avons programmé. Si ce n’était pas de l’amour du public et la reconnaissance des groupes et autres membres de la scène indépendante, je ne pense pas qu’on aurait tougher pendant 16 ans ( 14e édition, 2 éditions ratés en
raison de la pandémie ).
14. Qu’est-ce qui est sous-estimé dans le travail derrière un festival ?

Presque tout ahaha. C’est normal, mais les gens semblent penser que tout est juste une affaire de contacter les groupes et de les faire jouer...mais c’est tellement plus. Y’a énormément de détails. La programmation oui, qui prend des mois, mais ensuite, les contrats, l’infrastructure, le staff, les équipes, les commandites, la promo, les visuels, la merch, le site web, les locations d’équipements, etc. C’est vraiment ridiculement beaucoup de travail et vu la grosseur de notre festival ( petit, mais tout de même d’envergure ), je suis la seule personne qui y travail à temps pleins ou presque. Donc, on est environ 5-6 personnes pour faire le travail d’une trentaine de personnes dans d’autres organisations similaires.
Y’a aussi le côté business qui est souvent oublié. Ça coûte très très cher organiser un festival comme celui ci et nous sommes seulement des individus, sans corporation ou grosse compagnie qui nous back, donc, à chaque année, on joue un peu notre futur. C’est stressant, c’est beaucoup de pression et en plus il faut répondre aux fans / membres de la scène sur les pourquoi
tel ou tel affaire. Pourquoi on a pas fait ça comme ça ? Pourquoi tel groupe joue.. tel autre joue pas... la plupart des gens sont cool, mais des fois certains sont impolis et j’ai envie de leur répondre « yo organise le ton festival et tu feras ce que tu veux ».
15. Moment marquant du Pouzza ?
Il y en a énormément, mais un que je me souviens particulièrement... c’est un soir dans la loge aux Foufs. Jay de Suicide Machines m’avait invité à aller faire une chanson avec eux sur le stage et je chillais backstage avec Hélène ( co-fondatrice ) et ma blonde. On jasait et à un moment je me suis rendu compte qu’on jasait de tout et de rien dans un cercle avec Mike Park,
Brendan Kelly, Jesse Michaels, Dan Potthast et Jay de Suicide Machines... tous des membres de mes groupes préférés de mon adolescence et je me suis dit, ouin, bravo, le petit gars de 15 ans capoterait raide.
16. Ta plus grande victoire personnelle aujourd’hui ?
Dans la vie ? Avoir été un père présent qui adore ses enfants et qui se force tout les jours pour leur rendre la vie la plus facile
et belle possible.
17. Ta relation actuelle avec l’idée de succès ?
J’ai déjà eu assez de succès comme ça. Je veux juste garder le style de vie que j’ai et l’attention ( très minime ) que les gens accordent à mes projets, qui me permet de gagner ma vie avec des trucs que j’aime faire. Mais je n’ai vraiment plus besoins qu’on me dise que je suis bon et beau et cool. Je n’ai pas besoin d’avoir de l’attention. Ça me fait toujours plaisir quand ça
arrive, mais j’y ai goûté et je suis maintenant très à l’aise dans l’anonymat. Je souhaite plutôt du succès à mes enfants ou à d’autres gens qui commencent dans la musique ou l’art. Je leur souhaite de vivre tout ce que j’ai eu la chance de vivre grâce à mes idées un peu folles. Être une célébrité ce n’est vraiment pas pour moi. Je ne suis pas assez capable de m’adapter pour ça.
18. Que dirais-tu au Hugo de la vingtaine ?
Je lui dirais de moins s’en faire avec les autres. Je voulais tellement être accepté dans le monde du showbiz punk que j’ai fait des choses qui n’était pas vraiment moi, comme par exemple consommer beaucoup d’alcool et de drogue. Je ne me sentais pas bien dans les partys et les bars, je trouvais le monde stupide..mais c’était l’endroit où on était le plus souvent avec les
bands, alors j’ai décidé de joindre la stupidité en me défonçant, mais j’aurais préféré ne pas le faire. Je ne juge pas du tout les gens qui consomment et je suis conscient que beaucoup ne deviennent pas stupide avec ça et que ça peut être vraiment le fun, mais reste que naturellement je ne suis pas attiré par ça et je l’ai fait pour «être dans la gang ». Aussi, j’étais trop frustré
par rapport à comment les autres pensait. Comment les autres étaient. J’ai tranquillement appris à laisser les autres être qui ils sont. Même si je ne suis pas d’accord avec eux, même si je n’approuve pas leur lifestyle ou leurs goûts...ce n’est pas de mes affaires. Vivre et laisser vivre tsé.
19. Projets en cours que tu peux dévoiler ?
Je suis en train ( lentement, avec le Pouzza qui prend trop de place ) d’écrire mon 3e livre, qui aura comme sujet central le
hockey. Mon expérience dans le monde du hockey et mon amour du sport est peut être un peu différent de ce qu’on a
l’habitude d’entendre, et j’aimerais raconter tout ça. J’aimerais aussi commencer à sortir plus de fanzines, mais de littérature,
ou photos. Pas nécessairement relié à la musique. Mais peut être aussi. Je m’intéresse aussi beaucoup à la photo et la vidéo,
alors j’aimerais plus explorer avec ça. Y’a aussi les podcasts qui redeviennent un intérêt pour moi. Mais pas la forme avec
laquelle j’ai déjà explorer, j’aimerais mieux y aller dans le documentaire. J’aimerais beaucoup faire quelques documentaires
audio sur des sujets que j’aime.
20. Qu’est-ce qui te fait encore tripper aujourd’hui ?
Énormément de choses. Les livres, le sport, l’art, la musique. Les films, les séries, la nature, les animaux, l’amour, la famille,
les vêtements, les couleurs, la plage, les oiseaux, les chats, les tacos, la cuisine en général, le mouvement, les étoiles, le ciel,
la lune. J’adore la vie et j’essaie d’en profiter. De garder les yeux ouverts et de faire le plus de choses biens pour les autres et
les miens. J’essaie juste de vieillir et de mourir en paix.
_Au fil de cette discussion, Hugo Mudie rappelle que la musique, au-delà des scènes et des projets, est avant tout une affaire
de trajectoire. Une suite de choix, d’ajustements, parfois de remises en question, qui façonnent autant l’artiste que l’humain.
Ses réponses témoignent d’un regard lucide sur la création, sur le milieu, et sur ce que signifie durer sans se trahir. Pas de
nostalgie, pas de discours figé — seulement une parole honnête, ancrée dans l’expérience et le vécu.
Merci à Hugo pour son temps, sa disponibilité et son ouverture.
Pour la franchise de ses réponses, et pour cette discussion posée qui rappelle que derrière chaque projet, il y a avant tout un
humain qui continue d’avancer avec sens et cohérence.

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