[ Concert ] Chastity, Teeth, Anciients et Cancer Bats : quatre visions du chaos à L’Anti
- Thierry Mercier

- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Quand une affiche 100 % canadienne débarque à L’Anti avec Chastity, Teeth, Anciients et Cancer Bats, on sait déjà que la soirée ne sera pas uniforme, et tant mieux. Chaque groupe arrive avec sa propre identité, et on passe sans transition d’ambiances introspectives à quelque chose de beaucoup plus rentre-dedans, puis à des passages plus techniques, avant de finir dans un chaos complètement assumé. Ce genre de diversité garde la soirée vivante du début à la fin, sans jamais donner l’impression de voir deux fois la même chose. Il y a aussi quelque chose de particulièrement satisfaisant à voir des bands d’ici parcourir autant de route pour venir jouer devant nous. Anciients, entre autres, ont littéralement traversé le pays pour être là. Ça donne une vibe presque rassembleuse, comme si plusieurs facettes de la scène lourde canadienne se croisaient dans une même salle.
En ouverture, Chastity s’installe avec une approche plus posée, entre punk, rock alternatif et post-hardcore introspectif. Leur présence est solide, maîtrisée, sans en faire trop, mais leur énergie contraste clairement avec ce que le reste de l’affiche promet. Dans la salle, ça se ressent: le public reste un peu sur la retenue, comme s’il attendait que ça décolle pour vrai. Le groupe réussit quand même à réchauffer L’Anti, mais leur set, assez court, laisse peu de place pour vraiment s’immerger dans leur univers. J’ai trouvé que ça passait presque trop vite, comme une introduction qu’on n’a pas le temps d’assimiler avant que la suite débarque. Ça reste une bonne performance, mais dans un line-up aussi intense, leur approche plus calme paraît forcément un peu en décalage.






Le changement de ton arrive rapidement avec Teeth. On tombe dans quelque chose de beaucoup plus frontal, exactement ce que j’espérais voir arriver. Le groupe balance un hardcore métallique abrasif, avec des riffs lourds et parfois dissonants qui frappent fort. Sur scène, le chanteur est partout, constamment en mouvement, toujours en interaction avec la foule, et ça se traduit rapidement dans la salle: les premiers pits s’ouvrent et l’ambiance bascule pour de bon. Le groupe en profite pour tester une nouvelle pièce, Break Bones (du moins, si j’ai bien compris), qui s’intègre parfaitement à leur son. Entre les breakdowns efficaces et les riffs qui font autant plier les jambes que brasser la tête, j’ai embarqué sans résistance. C’est direct, efficace, sans détour.






La suite de la soirée ralentit le tempo avec Anciients, qui amène quelque chose de plus posé, presque contemplatif. Leur metal progressif teinté de death, dans la lignée de Opeth et Mastodon, mise davantage sur la richesse des compositions que sur l’impact immédiat. Dès les premières pièces, ce qui frappe, c’est la qualité d’exécution. Le niveau de jeu est impressionnant, et le travail vocal à trois voix ajoute une profondeur marquante à l’ensemble. Dans la salle, l’ambiance change complètement: les mouvements ralentissent, laissant place à une écoute beaucoup plus attentive. De mon côté, j’ai particulièrement apprécié ce mélange entre lourdeur et finesse, qui apporte une respiration bienvenue au cœur de la soirée. Après un set comme celui-là, difficile de ne pas se demander quand ils reviendront en tête d’affiche.






Puis Cancer Bats débarque et fait sauter tout ce qui restait de retenue. Dès leur arrivée, l’énergie explose et ne redescend plus. Leur mélange de hardcore punk, de sludge et de rock’n’roll crasseux transforme L’Anti en véritable terrain de jeu. Le chanteur est infatigable, multiplie les interactions, fait monter des fans sur scène et partage le micro, pendant qu’à un moment, le bassiste laisse même sa place aux back vocals à un spectateur. L’ambiance est festive, presque familiale, mais assez intense pour garder le pit en mouvement constant. Entre deux interventions en français souvent très drôles, on sent un réel attachement pour Québec. Le groupe souligne aussi les 20 ans de Birthing the Giant en jouant l’album en entier, avant d’enchaîner avec plusieurs morceaux marquants. Le tout culmine avec une reprise survoltée de Sabotage des Beastie Boys. J’ai eu du fun du début à la fin. Le genre de set qui te laisse avec un sourire collé au visage et aucune envie que ça s’arrête. J’avais vraiment envie de courir m’acheter un skate et aller faire des kickflips tellement leur set était énergique. Je connaissais peu le groupe avant, mais la claque a été immédiate.












Au final, la soirée brille surtout par sa diversité et sa capacité à nous faire passer d’un univers à l’autre sans jamais perdre le fil. De l’approche plus introspective de Chastity, à la violence directe de Teeth, en passant par la richesse sonore de Anciients, jusqu’au chaos festif de Cancer Bats, chaque groupe apporte sa couleur sans empiéter sur celle des autres. Pas une soirée parfaite, mais clairement une soirée marquante.
Texte : Thierry Mercier
Photo : Akame Strawberry

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